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Très longue course, rocher type Oisans parfois délicat, parfois excellent. Peu d'équipement dans la voie pour indiquer l'itinéraire. Il n'est pas facile de toujours faire au plus facile, sur cette arête par endroits très large.
Du Pré de Madame Carle, remonter la moraine en rive gauche du Glacier Noir jusqu'en haut, puis traverser le glacier et monter les pentes de neige, sans difficulté en début de saison (caillasse raide ensuite !), un peu exposé aux séracs dans les derniers 100 m, jusqu'au pied de l'éperon. L'attaque de l'Arête N se situe à droite du fil, dans la continuité d'une ligne de fissures et dièdres logiques que l'on distingue bien lors de l'approche. Plus logique autrement, continuer à monter à droite dans la neige sur 20-30 m, jusqu'à atteindre une vire évidente et facile qui ramène à gauche dans l'axe de la voie (cairn et un bâton - tracé violet), sur le fil de l'arête. On peut s'y préparer confortablement, voire bivouaquer.
Dans les deux cas de départ, attaquer droit au-dessus, et monter au plus facile (4+ max), sur 3 à 4 longueurs. Rejoindre l'arête et la suivre. Elle devient plus facile : gradins, neige, sur 300 m environ (3+ max).
On arrive au pied d'une zone qui se raidit, qui correspond à la dernière partie granitique, caractérisée à gauche en amont par une espèce de tour carrée jaunâtre raide avec un rocher un peu blanc vers le haut. Traverser sur 30 m à gauche (passage dalleux puis mur vertical, 4+) et remonter une goulotte pour arriver au sommet de la tour par son flanc gauche, sur un collu (pourvu d'un bivouac pour 2, vieux friend coincé) au pied d'un ressaut jaune dalleux raide.
De là :
- soit gravir la dalle directement (par un petit crochet sur la gauche, prendre la rampe caractéristique s'élevant obliquement de gauche à droite), puis escalade assez technique en dalle, toujours en oblique à droite, permettant d'atteindre la vire du changement de roche (5/5+, 8 pitons). À conseiller car très beau, logique et bien équipée.
- soit traverser à droite et grimper en oblique à droite une rampe évidente (4+) jusqu'à la vire du changement de roche.
De la vire, rejoindre l'arête à gauche par un court mur raide (5) et une rampe suspendue en diagonale gauche (1 piton, 3+). L'arête devient à nouveau plus facile (éboulis). On se trouve au pied d'une grande tour raide et rougeâtre. Contourner cette tour par la droite, facilement. On passe devant un couloir, duquel en rive gauche s'élève une autre tour en bon rocher, aux derniers mètres sommitaux raides et blancs. Rejoindre le fil N de cette tour à l’extrême droite (passage d'une dalle en 3, éboulis). Au pied du fil, on voit le couloir N du Col E ainsi que la facette NW > voie Rébuffat. Monter alors à gauche du fil sur du bon rocher (4 max). Juste sous les derniers mètres sommitaux très raides, basculer sur le flanc droit du fil de l'arête (1 piton derrière), puis traverser à droite au plus évident, d'abord en descendant légèrement puis à l'horizontale puis monter pour clipper un mauvais piton (4+ délicat). S'élever encore d'un mètre environ au-dessus du piton et traverser à droite sur 4 m environ avant de monter droit au-dessus (4+ puis plus facile) par des gradins faciles et encombrés jusqu'à buter sous le ressaut terminal (mur raide infranchissable). (4-5h)
Sans détailler au caillou près, on contourne ce mur raide quelques mètres à droite. Exemples de description détaillée de ce passage :
De là, encore 2 alternatives :
Traverser vers la gauche, d'abord horizontalement puis en ascendance, pour rejoindre une zone de murs entrecoupés de sections moins raides mais souvent enneigées. En 3 grandes longueurs, monter au mieux parmi ces murs (4 et 5) ; sur la fin, tirer à droite pour se rapprocher du fil (rocher plus que douteux, 1p). Un couloir cheminée vers la droite, puis une courte longueur oblique à gauche dans un meilleur rocher ramène sur le fil. Déboucher sur l'arête W, la suivre facilement jusqu'au sommet.
Après le dièdre rouge caractéristique sur le fil, tirer quasi tout droit ou par des faiblesses un peu à droite (rampes, dièdres, caillou parfois douteux... ) sur 3 ou 4 longueurs, pour sortir sur l'arête W (quelques pitons, 4+/5, passages possibles de 5+ selon itinéraire).
Suivre l'arête W sans grande difficulté jusqu'au sommet.
- Par le Couloir Coolidge : le couloir sera probablement délicat en fin d'après-midi.
- Par le Glacier des Violettes : long, rappels et cheminement à trouver.
- Possible aussi par les Rochers Rouges : assez direct mais délicat et nécessite de rester encore concentré jusqu'au refuge du Pelvoux. A l'avantage de se faire à pied, sans crampons ni baudrier…
- Corde 1×50 m (2×50 m recommandé si descente par les Violettes)
- Crampons (approche, possibles passages de mixte, descente)
- Friends C4 #0.1 au #2, doubler #0.3 au #0.75
- Sangles
- 2 pitons
- Le tracé direct (4 passages caractéristiques en 5/5+) est plus grimpant que le Pilier S des Écrins, presque autant que la Face S directe de la Meije. Il est conseillé de grimper la dalle sous la vire de changement de roche. La sortie tout droit après le dièdre rouge rend la course homogène et très belle.
- Bivouac au Pré, ou plus haut, mais il faudra porter ou remonter.
- Le refuge du Pelvoux à la descente permet d'enchaîner avec une autre course le lendemain, par exemple l'arête S du Petit Pelvoux.
- 1<sup>re</sup> ascension : 22-23 août 1936 - Maurice Fourastier, Alexandre Manhès.
- 2<sup>e</sup> ascension : 23 août 1937 - Pierre Allain, Jean Leininger, Raymond Leininger. En 6h30, sans utiliser de piton.
- 3<sup>e</sup> ascension : été 1940 - Gaston Rébuffat, André Gabriel.
- 4<sup>e</sup> ascension : 17 août 1943 - J. Chenais, R. Picard. En 6h30 sans les pauses, sans utiliser de piton.
- 5<sup>e</sup> ascension : 20 août 1943 - R. d'Agop, Karékine Gurekian. En 5h45.
- 1<sup>re</sup> hivernale : 9 et 10 janvier 1989 - J. -L. Begou, R. Kehres.
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Source: camptocamp.org · text under CC BY-SA 4.0