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La Torre Trieste fait partie de ces sommets emblématiques du massif des Dolomites. La hauteur et la verticalité de ses parois aériennes sont une source d'inspiration, d'épanouissement et de réalisation de soi pour les grimpeurs amateurs de difficulté et...de sensations fortes !
Du refuge Vazzoler, descendre 10min la route, traverser le grand torrent, et prendre peu après sur la gauche le bon sentier vers la via ferrata (panneau). D'abord plat, il monte un peu sur une bosse boisée et redescend vers le lit d'un gros torrent sec. Juste avant le torrent, prendre un vague sentier vers la gauche (quelques pas de I), qui traverse 100 m plus haut vers la droite le lit du torrent, monte un peu dedans (2 ressauts d'escalade facile, cairns), puis zigzague en rive gauche (à droite en montant). Au niveau d'énormes blocs (bivouac dessous), retraverser le torrent vers la gauche pour prendre pied par quelques pas d'escalade facile (pierres) sur une vire ascendante de droite à gauche sur la Torre Trieste (une "faja"). Suivre facilement cette vire aérienne (bivouacs) jusqu'au pied de la face S. Deux pitons indiquent le départ de la voie, dans une dalle grise facile.
L#1 | 4+ | 40 m | Gravir une dalle puis un mur en oblique à droite. Pas d'équipement, rocher délicat.
L#2 | 5+ | 35 m | Traverser quelques mètres à droite, gravir un dièdre, atteindre une large terrasse (relais possible mais inutile), et gravir un mur raide, dont on sort par une traversée à droite délicate.
L#3 | A0 et 5+ | 25 m | Traverser horizontalement à droite sur 7-8 m. Au troisième piton, lorsque la vire s'étrécit et descend légèrement, monter d'un mètre sur une avancée rocheuse, traverser encore 1 ou 2 mètres jusqu'à un piton, puis monter droit (A1) puis en légère oblique à droite (pitons) jusqu'à un relais avec sangles, ne pas s'y arrêter, mais traverser à gauche jusqu'à un autre relais malcommode en pleine paroi (longueur-clé de la première moitié jusqu'à la deuxième grande vire).
L#4 | A0 et 5+ | 30 m | Monter droit au-dessus du relais (piton), puis en oblique à gauche, et traverser horizontalement à gauche sous un surplomb. Relais intermédiaire possible. Monter droit et traverser à nouveau à gauche sous des surplombs. Sortir au-dessus sur une bonne vire et traverser à droite.
L#5 | 4+ | 40 m | Monter dans une zone moins raide coupée de ressauts, en tirant vers la droite, pour faire relais sur une vire sous une zone surplombante, à gauche du fil de l'éperon.
L#6 | 5 | 40 m | Passer à droite du fil, franchir un mur surplombant, puis continuer droit en dessus avec un petit crochet à gauche, jusqu'au pied de la cheminée verticale bien visible.
L#7 | 5 | 50 m | Gravir intégralement la cheminée, en sortant sur la droite à la première grande vire.
L#8 | 5+ et A0 | 40 m | Passer à gauche du fil du pilier, traverser à gauche de quelques mètres (relais), puis gravir un mur raide et rejoindre une fissure que l'on suit en oblique vers la gauche, sous des surplombs (vieux pitons pourris). Sortir à gauche sur une bonne plateforme.
L#9 | 5 | 40 m | Suivre une cheminée-rampe vers la gauche, traverser à gauche en dépassant une sorte de pilier, puis suivre un dièdre peu marqué jusqu'à une grande conque sous des surplombs.
L#10 | 4+ | 50 m | Traverser à gauche sur la vire jusqu'à un éperon bien marqué, gravir une cheminée, puis une fissure à gauche, puis sortir sur la droite dans les pins. Les traverser jusqu'à la deuxième grande vire.
On se trouve alors à la deuxième grande vire couverte de petits pins mugos courbés, d'où il est simple de sortir de la voie en traversant à droite (N) pour rejoindre la voie de descente. Au-dessus de la deuxième vire, le rocher devient excellent et rappelle les meilleurs passages du Verdon !
(cotations en chiffres romains = UIAA)
L#11 | 4 | | Dans la face E au-dessus de la deuxième vire, on grimpe sur la dalle à quelques mètres à droite du spigolo. Gravir une fissure oblique de droite à gauche jusqu'à une niche commode (15 m, IV, relai). On peut continuer, car il y a trois relais possibles + haut.
L#12 | 6a+ | 50 m | À gauche, escalader une belle fissure, passer une mini-grotte (relai possible) dont on sort à gauche pour monter ensuite un beau dièdre bien pitonné qui s'élargit et présente une section difficile. Après une petite vire (relai possible), continuer entre deux fissures grises parallèles. Un peu plus haut, prendre celle de gauche pour arriver à une vire confortable avec relai à l'ombre (50 m, V+, passage de VII- = 6a/6a+ puis VI et V).
L#13 | 6b+/6c ou A0 | 50 m | L'itinéraire Cassin original traverse par la vire à gauche en contournant le spigolo pour arriver à la base d'un évident dièdre jaune-gris. Gravir tout le dièdre. Passé un mur jaune pauvre en prises, continuer à droite jusqu'au relais (50 m, V+ et VI, un passage de VII+ = 6c ou VI-AO).
L#13bis | 5c | 50 m | *Variante conseillée* : ne pas contourner le spigolo mais traverser quelques mètres à gauche et passer une courte dalle verticale VI+, puis une fissure pitonnée, avant de continuer tout droit. Relais commode sur une vire (avec une niche), quelques mètres à droite du "Cassin" (50 m, VI+ puis VI et V).
Les grosses difficultés sont finies : on grimpe encore beaucoup sur du beau rocher, mais on trouve moins de pitons, et l'itinéraire passe en gros tout droit jusqu'à la cheminée finale, sur le fil du spigolo ou à sa droite.
L#14 | V+ | 50 m | Légèrement à gauche, monter tout droit puis obliquer à gauche avant de poursuivre tout droit jusqu'à la vire (50 m, V+ et V).
L#15 | IV+ | 35 m | Se placer à gauche du spigolo et, par des dièdres, accéder à une autre épaule.
L#16 | V | 45 m | Franchir une dalle, puis s'engager à la droite dans une cheminée-fissure. Atteindre le relais par une fissure jaune.
L#17 | V | 40 m | Par des fissures et cheminées, atteindre le sommet d'un pilier.
L#18 | V | 30 m | En dalle, puis par des fissures, rejoindre une vaste cheminée-couloir blanche. *Attention : ne pas monter vers la gauche sur des rochers faciles : ils continuent par fissures et dalles de plus en plus difficiles (pitons récents avec maillon acier de rappel).*
L#19 | | | Gravir en ramonant cette large cheminée en rocher blanc frais et "poudreux", facile et agréable, puis des rochers faciles jusqu'au sommet (60-80 m, III et IV). *À la sortie de la cheminée, un sentier-pierrier à droite de la voie permet de gagner un peu de temps.*
Il faut une corde de 90 m (ou 2 fois 45 m). Du sommet, se diriger vers l'W (cairns) jusqu'à l'immense brèche de la fissure sommitale, encombrée d'énormes blocs, où démarrent des rappels versant E (anneau inox collé).
II est préférable de désescalader le petit couloir à l'W (corde fixe) ; ne pas se glisser sous les énormes blocs, mais vers la droite, une petite traversée facile (cairns) conduit, à l'extérieur du couloir, à :
R#0 | 30 m | Un premier rappel en face W, à droite de la cheminée Cozzi (petit pendule pour arriver au sentier sur l'arête entre Torre Trieste et Castello).
R#~ Suivre sur 35-40 m le sentier-vire qui part à la base de la cheminée Cozzi.
R#1 | 45 m | À une brèche, un ancrage sur la droite permet le premier rappel versant E.
R#2 | 43 m | L'ancrage suivant se trouve un peu à gauche.
R#3 | 30 m |
R#~ Traverser 15 m vers la gauche (N), avec un passage délicat par une vire (du I).
R#4 | 45 m | Ancrage sur anneau inox un peu à gauche.
R#5 | 12 m | Sur anneau inox, 10-12 m en surplomb jusqu'à une bonne vire avec une niche humide. Ne pas descendre directement !
R#~ Traverser à gauche, face à la vallée (N). Après un passage délicat et mouillé (du II), de longues cordelettes indiquent le bon ancrage.
R#6 | 35 m |
R#7 | 25 m | On arrive à la deuxième vire.
R#~ Une trace-sentier descend jusqu'à un éperon et mène à un anneau inox.
R#8 | 35 m | Jusqu'à un couloir.
R#9 | 25 m | À une niche, continuer jusqu'à un couloir peu raide.
R#~ Descendre 50-60 m environ dans le couloir (vagues traces), puis à gauche du couloir, un vague sentier conduit par une épaule à un couloir plus au N ; l'ancrage se trouve un peu plus bas.
R#10-12 | | 3 rappels dans le couloir (40, 20 et 40 m, le dernier sur une grosse pierre coincée) mènent à un ressaut en bout de R12.
R#13 | 40 m | L'ancrage est sur la gauche et le rappel part pour 40 m surplombants.
R#~ Ce dernier rappel dépose sur les pierriers, 50 m au-dessus de la vire d'attaque. Par le couloir, rejoindre le sentier.
Quelques coinceurs et "friends" sont bien utiles pour les longueurs "faciles" et pour étayer les relais.
De la cordelette, voire quelques pitons, pour renforcer les rappels.
Chaussures inutiles (très peu de marche, y compris dans la descente).
- C'est peut-être la plus belle ascension du massif, par ses difficultés et par son rocher exceptionnel dans la partie haute. La voie est interrompue par les deux vires qui permettent de sortir de la paroi facilement en cas de problème. Cette caractéristique, conjuguée à une exposition favorable, à un bon pitonnage et à une approche relativement aisée, en fait une voie très attrayante.
- Il y a assez de pitons en place dans les longueurs dures. Ce sont des pitons anciens mais solides en général. Ni spit ni plaquette "modernes" dans la voie.
Ricardo Cassin et Vittorio Ratti ouvrent la voie les 15, 16 et 17 août 1935. Ils empruntent les premières longueurs de la voie Carlesso ouverte un an avant.
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Source: camptocamp.org · text under CC BY-SA 4.0