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Le pilier N de la Pointe d'Amont offre une longue escalade sur une arête découpée et parfois aérienne. La sortie à la Centrale du Soreiller, bien que facile, est très aérienne et offre des vues spectaculaires sur le vallon de la Selle.
Depuis le bâton en bois sur le sentier 5min sous le refuge de la Selle, suivre les cairns pour traverser la rivière et monter dans les pierriers et moraines jusque sous le glacier E du Diable.
Partir à flanc pour rejoindre le rognon centrale sous le glacier. On prend pied dessus par une grosse rampe évidente visible depuis le refuge, puis on le remonte jusqu'à son sommet. Traverser ensuite au mieux le glacier pour rejoindre la zone de rocher clair juste à gauche de la zone de rochers rouges plus raides. On rejoint l'arrête par une rampe évidente qui monte en diagonale droite sur une cinquantaine de mètres (III).
En début de saison, quand il reste suffisamment de neige, ne pas passer par le rognon mais rejoindre directement la rive droite du glacier pour passer au-dessus du rognon.
Attaque intégrale, intéressant si l'on vient directement depuis le bas :
Traverser le torrent vers 2350 m pour aller rejoindre la base de l'arête N (2500 m), juste à droite d'une cascade descendant du glacier. On attaque l'arête dans du bon rocher compact difficilement protégeable (III) en suivant une veine de rocher blanc, puis dans un ressaut de rochers sombres moins bons et plus raides sur le fil, un peu plus dur et toujours improtégeable (IV-). Puis l'arête devient plus facile jusqu'au pied du premier ressaut.
Une fois arrivé au pied du premier ressaut, attaquer par une dalle sur son fil (III), puis gravir un système de fissures (IV-) pour revenir dans un dièdre couché situé quelques mètres plus à gauche. Le remonter (III). Sortir de ce premier ressaut par une petite brèche sur la gauche. Par un terrain facile, atteindre le pied du deuxième ressaut.
Attaquer le second ressaut par une dalle (IV-, 1 piton - 10 m) donnant accès à un râteau de chèvre que l'on emprunte de droite à gauche (III+). On arrive alors sur une vire que l'on traverse vers la gauche jusqu'au bout (environ 20-30 m). Remonter en légère ascendance sur la droite pour rejoindre une bonne vire.
Gravir la belle fissure droit dans le mur (4c, 3 pitons). Ensuite, deux possibilités:
1. Poursuivre jusqu'au-dessous d'un petit dièdre un peu déversant tourné vers la droite (1 piton). Ne pas s'engager dans le dièdre, mais traverser à gauche sur trois mètres par une petit pas en dalle (5b)pour rejoindre une fissure plus facile que l'on remonte (3c). Relais sur une vire. Poursuivre l'escalade dans le système de fissures situées au-dessus du relais en légère ascendance sur la gauche (4, 1 piton) pour rejoindre la base d'un court mur vertical avec de bonnes écailles
2. Variante Chapoutot : de la belle fissure droit dans le mur (4c, 2 pitons) prendre en ascendance à droite pour rejoindre le fil de l'éperon (4a). De l'éperon, continuer par des dalles fissurées plutôt à gauche du fil (4a). Relai sur une bonne terrasse. Poursuivre l'escalade dans le système de fissures situées au-dessus du relais en légère ascendance sur la gauche (4, 1 piton) pour rejoindre la base du court mur vertical avec de bonnes écailles.
Franchir le court mur vertical en remontant vers la droite (5b, 4 gros pitons visibles depuis le relais, mur de gauche). Faire relai en sortie. Remonter alors un couloir puis les rochers brisés sur la gauche permettant d'atteindre le pied du gendarme qui constitue le sommet du second ressaut. Il y a un bloc coincé (avec une vieille corde blanche) au pied du gendarme. Attention de ne pas poursuivre jusqu'à son sommet. Il existe deux possibilités pour contourner ce gendarme:
1. par la droite, en descendant une 5aine de mètres et en traversant par le versant N pour remonter à la brèche qui fait suite (III max)
2. par la gauche, une traversée légèrement descendante de 10 m environ en 4c, pour rejoindre une rampe en 3b que l'on remonte sur 30 m pour atteindre cette brèche
Poursuivre plus ou moins sur le fil pour gagner le sommet du ressaut, III + max.
Redescendre de quelques mètres pour gagner le col au pied du ressaut sommital. Ce ressaut n'est quasiment jamais gravi pour cause de rocher pourri. Remonter la vire évidente pour rejoindre le collet entre la pointe d'Amont et l'Aiguille Centrale du Soreiller.
Poursuivre sur arête aérienne mais facile conduisant au sommet de l'Aiguille Centrale du Soreiller.
La descente emprunte la voie normale de l'Aiguille Centrale du Soreiller. Descendre sur 20 m l'arête S jusqu'à un relais chaîné sur la gauche du fil. Plusieurs options de rappels : un seul de 30 m, un seul de 25 m + désescalade délicate, 2 rappels avec le relais intermédiaire sur piton à 15-20 m.
Poursuivre la désescalade en suivant l'arête au mieux, de plus en plus facile jusqu'à son pied. On rejoint alors par des dalles et gradins cairnés l'attaque de la voie normale de la dibona.
La sentes repart vers la droite pour éviter une zone plus raide puis descend vers le refuge.
Note : quand c'est tout en neige, on se laisse glisser jusqu'au refuge.
- Un brin de 50 m.
- Un bon jeu de friends, qq dégaines.
- Crampons utiles pour l'attaque même en fin de saison.
- Un des meilleurs rocher de l'Oisans !
- Les difficultés sont concentrées sur le 2<sup>e</sup> ressaut, d'une hauteur de 150 m. On peut y naviguer à vue sans dépasser le 4+. C'est raide mais pas d'inquiétude, ça passe partout tant c'est prisu.
- Bien que N, le pilier voit le soleil dès 7/8h du matin jusque dans l'après-midi.
- Première ascension : 29-30 août 1932 - André Migot, Pierre et Robert Tézenas du Montcel. Cette première ascension évitait les passages de 5 par un système de vires en face E ramenant à des cheminées conduisant au sommet du second ressaut.
- Deuxième ascension : 14 juillet 1933 - François Balay, Edmond Stofer.
- Une variante directe ne comportant que le passage de 5 sur écailles avait été faite par Pierre Chapoutot avant 1976.
- La variante actuelle décrite ici avec deux passages de 5 est plus récente, sans doute le résultat d'erreurs.
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Source: camptocamp.org · text under CC BY-SA 4.0